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Préférez-vous les romans où les personnages (et donc, si le livre est bien écrit, des questions psychologiques) prédominent ou celles où c’est l’histoire (et donc plutôt l’aspect “enchaînement d’actions”) qui a la main ?

 

Peut-être dois-je être plus explicite mais, bien que certains romans soient équilibrés de ce point de vue, la plupart des fictions sont plutôt centrées soit sur les personnages, soit sur le côté palpitant de l’histoire (c’est tout bêtement la distinction entre les romans dits “psychologiques” et les romans dits “d’action”). Et, selon les goûts et le caractère de chacun de nous, nos préférences vont plus à l’un ou l’autre de ces “genres”. Evidemment, un équilibre entre ces deux aspects est souvent souhaitable mais il ne me viendrait pas à l’esprit de reprocher à Virginia Woolf de n’avoir pas introduit le récit d’une régate dans son roman To the Lighthouse, parce que l’intérêt du livre est ailleurs, tout simplement.

 

J’ai des goûts variés mais, force est de constater – et la tendance s’accroît en même temps que mon âge - que mes inclinations naturelles se portent sur les romans psychologiques. Je peux supporter une histoire un peu faiblarde si l’auteur se livre à une étude de caractères, de comportements ou du moins s’il nous propose des personnages riches dans leurs réflexions, évolutions, etc. En revanche, les histoires qui relèvent essentiellement de la succession de faits, aussi palpitants soient-ils, mais qui ne s’attardent pas sur l’intériorité des protagonistes, leurs opinions, leurs regards sur le monde me lassent assez facilement. Je ne suis pas opposée à ce genre de lectures quand j’ai besoin de ne pas trop m’engager (car, en effet, je les trouve moins demandeuses que les lectures centrées sur les personnages) mais cela reste de très rares exceptions.

 

La raison de cette préférence est assez simple. J’ai besoin, dans mes lectures, d’être confrontée à l’altérité. Or seuls les romans donnant la part belle aux comportements, et d’une façon générale à la psychologie, me permettent d’atteindre ce but. J’aime rencontrer des personnages, qu’ils me confortent dans ce que je suis ou qu’ils bousculent mes idées, qu’ils me plaisent ou m’agacent. J’aime avoir le sentiment qu’ils sont plus que des êtres de papier. Ces lectures m’enrichissent toujours.

J’aime aussi confronter les littératures d’autres pays afin de savoir qu’elles sont les variables d’ajustement potentielles en matière comportementale. Mon expérience de lectrice m’a montré qu’hormis sur des points de détails, globalement, les êtres humains sont partout les mêmes, d’un point de vue intrinsèque. C’est en ce sens que la littérature prend son caractère universel et relie les peuples et c’est vraisemblablement une des principales raisons pour lesquelles j’aime lire.

 

J’ai rédigé cet article au fil de l’eau, sans trop savoir où mes réflexions me porteraient. Il y aurait sûrement plus à dire mais, en définitive, je crois que l’essentiel y est.

Je précise que ces considérations ne valent que pour la littérature car, en matière cinématographique, j’ai des goûts à faire frémir les puristes.

 

Et vous ? Avez-vous une préférence pour un style d’histoire ? Ne vous cachez pas derrière une réponse un peu facile, si tant est qu’il y en ait, comme : “j’aime tout” ;)

 

Lauzerte (82) 
Si quelqu’un sait qui est l’auteur de cette oeuvre, merci de me l’indiquer afin que je rende à César, etc.

Avec le temps, j’ai tendance à essayer de me fixer des buts en matière de lecture, d’une année sur l’autre. Il ne s’agit pas d’un programme de lecture en tant que tel mais de grandes lignes. Tout comme j’évolue, mes envies changent et lorsque je jette un œil sur mes lectures passées, je remarque parfois des manques, des rendez-vous ratés qui mériteraient peut-être une seconde chance. Je peux même me découvrir de nouveaux intérêts pour des œuvres ou des auteurs auxquels je n’aurais pas accordé un début d’attention auparavant. Ainsi, j’éprouve le besoin de noter ces objectifs afin que de ne pas en être au même point dans dix ans parce que je me serais laissée aller à des coups de tête qui m’auront éloignée de mes envies profondes.

 

En revanche, ces objectifs ne sont jamais contraignants. Les noter me permet de me focaliser mais ne signifie pas pour autant que je m’enchaîne à des obligations. Ce n’est pas dans ma nature (il suffit de dénombrer le nombre de challenges ABC que je n’ai jamais finis sans en éprouver le moindre remord. D’ailleurs, j’ai laissé tomber les challenges collectifs car j’ai besoin de sur-mesure).

 

En général, en fin d’année, lorsque je fais le bilan de l’année écoulée, je relève des lacunes, des envies restées en plan. Je note donc mes priorités pour l’année à venir. Ensuite, je peux aussi avoir des objectifs plus généraux (par exemple, relire Trucmuche, découvrir Machin). Enfin, depuis cette année, j’ai établi un plan Combler les lacunes et, pour l’heure, il s’avère plutôt efficace (et sans douleur !). J’agis ainsi parce que j’ai le sentiment que cela me fait progresser, en tant que lectrice mais aussi en général, et la satisfaction d’avoir atteint un but est une source de plaisir non négligeable.

 

 

Je me fixe également des objectifs moins littéraires, comme par exemple tenter de diminuer ma PAL (c’est très original, j’en ai bien conscience …). A ce titre, je distingue la PAL de l’année de celle existant auparavant. Ma PAL 2011 se monte à 30 livres à ce jour et j’en ai lu 15, ce qui signifie que j’ai intérêt à accélérer le mouvement (du côté des sorties !) si je veux qu’il ne subsiste rien de la PAL de l’année au 31 décembre.

Quant à la PAL ante-2011, c’est un sujet tabou… Je m’y attaque de plus en plus par le biais du désherbage, au fil de mes changements de goûts, d’envies profondes. D’ailleurs, un déménagement serait le bienvenu pour m’aider dans cette tâche.

 

 

 

Vous fixez-vous des programmes de lectures ? De quels types ?

 

Pourquoi ? Quel intérêt y trouvez-vous (ou pas) ?

 

Comment vous organisez-vous ?

Avez-vous des buts à court terme, d’autres plus « lâches » ? Avez-vous une approche individuelle ou collective ? Vous basez-vous sur des listes existantes comme les « 1001 livres à lire avant de mourir », les best-of dressés par les magazines littéraires, les prix littéraires, etc. ?

Une semaine sur deux, le mardi propose un billet autour des livres et de notre quotidien. Aujourd’hui, je souhaitais évoquer les relations entre la lecture et les activités de tous les jours, de quelque nature qu’elles soient.

 

 

Quand je suis confrontée à un problème, une question quelconque, de nature pratique ou pas, mon premier réflexe est de me tourner vers un ou des livres qui traite(nt) dudit sujet, même si cette attitude n’est pas nécessairement la plus efficace ou logique. Je ne parle pas de trouver un renseignement isolé (dans ce cas, je m’oriente vers Internet) mais d’apprendre quelque chose qui pourrait m’être utile dans la résolution de mon problème ou d’approfondir une pratique rencontrée dans mon quotidien. J’ai beau avoir conscience que ce n’est pas une méthode toujours très pertinente, je suis tellement imbibée de livres que cela relève du pur réflexe.

Par exemple, si je voulais me mettre au tricot, je commencerais par lire un livre concernant son apprentissage avant de toucher au matériel, alors même qu’il existe des vidéos sur Internet qui pourraient me permettre un apprentissage plus rapide et spontané que la lecture d’un livre (surtout que je suis capable de choisir d’emprunter l’encyclopédie du tricot en quatre volumes …).

Une personne de mon entourage signale vouloir retaper une maison secondaire ? Je lui propose d’office d’aller voir ce que je peux trouver à la bibliothèque sous son regard étonné, la personne en question ne souhaitant pas, généralement, lire un pensum sur l’art de planter un clou et de fixer une étagère… (moi je le ferais !!).

 

 

En revanche, il est rare qu’un sujet/thème découvert dans un livre me donne envie de me renseigner sur sa pratique concrète dans la vie, sa réalité, même si le sujet en question m’a fortement intéressé durant ma lecture. Un thème fait exception assez souvent : la géographie. J’aime pouvoir localiser assez précisément où se situent les lieux d’une histoire, surtout si l’intrigue se déroule en plusieurs endroits, notamment rapprochés ; j’apprécie de pouvoir les situer entre eux. Aussi, j’aime que les romans ou récits où la géographie a son importance insèrent une carte, même sommaire, en début / fin de livre. C’est particulièrement vrai pour la Chine par exemple car, non seulement le pays est très étendu, mais en plus j’ai une connaissance de sa géographie proche du néant.

 

 

Et vous ?

 

Mettez-vous en relation la lecture et d’autres activités ? Et si oui, d’où part le mouvement ? De la lecture ou du quotidien ?

 

Lisez-vous pour vous renseigner ou approfondir un sujet apparu dans votre vie ou pour aborder de façon littéraire une pratique quotidienne ? Je pense par exemple à Enna qui pratique la course à pied et qui a lu récemment, sur mes conseils, Autoportrait de l’auteur en coureur de fond de Murakami (le lien conduit à son article).

 

La lecture vous a-t-elle déjà donné envie d’en savoir plus sur un sujet, sur sa pratique concrète ?

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Cette géniale illustration n'est pas libre de droits. © Kroustik

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