Rules of civility – Amor Towles
Sceptre, 2011, 352 pages
(livre non traduit en français à ce jour)

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« Many are called »

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New York, fin des années 30 : Katey Kontent et Eve Ross sont deux jeunes femmes pleines de ressources qui essaient de s’en sortir dans l’Amérique de la Dépression. Lors de la Saint-Sylvestre 1937, elles font la connaissance de Tinker Grey qui leur apparaît de suite comme un homme à la fois séduisant et ayant réussi, autant dire le prince charmant en personne.

Je n’en dirai pas plus car l’histoire se noue assez rapidement mais vous aurez compris que ces trois personnages sont plus ou moins au cœur de l’intrigue.

Cependant, la véritable héroïne et narratrice est Katey ; elle est aussi le personnage le plus intéressant du livre. L’histoire se déroule sur un an, donnant le sentiment d’un roman d’apprentissage en accéléré. C’est ainsi que durant l’année 1938, Katey va rencontrer beaucoup de monde, voir sa vie évoluer sans cesse et finalement mûrir.

Il s’agit d’un premier roman, avec tous les défauts inhérents à ce genre de livre mais il se lit avec plaisir, essentiellement grâce à l’attachement que l’on finit par ressentir pour Katey. Cette dernière a souvent l’air d’être un personnage secondaire ; elle ne se met jamais vraiment au centre de l’intrigue et, pourtant, c’est en s’intéressant à elle que l’on apprécie le plus le livre. Elle est anti-conformiste sans le savoir et cela fait tout son charme.

J’ai aimé sa façon de rendre hommage à son père, de se souvenir de conseils reçus ou de comportements observés. La façon dont Katey met en pratique ces enseignements témoigne de son bon sens et c’est ainsi qu’elle prendra de plus en plus confiance en elle. Cela lui permettra de faire face à des drames, des désillusions, tous ces mauvais tours que nous joue parfois l’existence, mais aussi de s’assurer une meilleure position dans la vie, de rencontrer des personnes diverses et intéressantes chacune à sa façon. Comme dans tout roman d’apprentissage, les aventures que vivra Katey lui permettront surtout de mieux se connaître elle-même.

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Mais, comme je l’écrivais en ouverture, nous sommes en présence d’un premier roman et je crois que la plupart des défauts de ces derniers sont présents dans cet ouvrage à commencer par quelques lieux communs. Néanmoins, je me focaliserai sur ce qui a fini par m’agacer suffisamment pour que mon plaisir soit parfois gâché. Amor Towles ne cesse de s’accrocher à des références littéraires que ce soit implicitement ou explicitement. Pour ce qui est de la seconde tendance, je citerai la propension de Katey à lire Great Expectations et tous les romans d’Agatha Christie et de tirer des enseignements de ses lectures (loin de moi l’idée de dénigrer le fait que la lecture nous apporte beaucoup concrètement mais dans un livre cela relève du stéréotype). En outre, nombre chapitres portent des titres en relation avec d’autres œuvres littéraires, ce qui, sur la distance, est lassant d’autant plus que l’intrigue, en elle-même, n’a aucun rapport avec la littérature.

Enfin, l’auteur s’est largement appuyé sur ses lectures pour créer ses personnages, en particulier sur Gatsby le magnifique, transposé dans les années 30. Je ne révèle rien de l’intrigue en donnant cette indication. Cependant, il y a de nombreux points communs entre un des personnages du roman d’Amor Towles et Jay Gatsby (en vérité, ça frise le « copier/coller » même s’il faut lire le livre en entier pour en prendre pleinement conscience), certaines scènes sont également reprises même si elles sont, ensuite, traitées différemment, l’origine de personnages est commune d’un roman à l’autre, enfin l’auteur s’escrime à vouloir présenter les événements et surtout l’univers du roman à la Fitzgerald, sauf que n’est pas Fitzgerald qui veut.

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Il n’en reste pas moins que l’ambiance de l’époque possède un charme indéniable et que j’ai apprécié ma lecture ; une lecture détente, certes, mais une lecture agréable. Gageons qu’Amor Towles saura se débarrasser de ses béquilles pour nous proposer un second roman plus personnel.

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« Few are chosen »

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Provenance : achat 2011

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